Silence, on tue.
ou des nouvelles technologies et de la violence 

L’Homme est un animal violent. Nous avons érigé la violence en valeur essentielle de la société : savoir qui est le plus fort dans la vie professionnelle ; détruire les autres dans  les jeux de société pour assurer notre propre vctoire ; être le meilleur dans une compétition de sport ; etc. La société est basée sur la compétition, et cela ne date pas d’hier : nos monuments aux morts, statues d’illustres personnages, montrent que beaucoup de nos héros sont des soldats. Cela fait partie de la mémoire collective.

La violence est au cœur de l’humain et de son esprit conquérant. C’est une part du coeur de l’Homme que des millénaires de culture n’ont pas réussi à éliminer. Ainsi l’on se sert de cette part de bestialité en nous comme moyen de disctraction. De nombreux films exposent aux yeux de tous de la violence physique gratuite. Orange Mécanique, de Stanley Kubrick, en témoigne : le personnage principal est violent, agresse physiquement autrui, la cruauté est partout présente dans cette oeuvre. Le contenu y est explicite, mais le spectacle de la violence existe de tout temps, depuis les arènes de gladiateurs jusqu’à nos films contemporains, en passant par les tragédies du théâtre. La notion de violence serait alors un des principes fondamentaux de notre société. L’État, en nous faisant renoncer à notre violence pour prendre cette force et rendre justice en évitant que chacun ne soit seul décideur de sa justice et de ses propres biens, a ainsi pour fondation la violence humaine, car il doit la gérer.

Actuellement, nous vivons dans une société d’images. La société contemporaine est une société visuelle et rapide. Notamment, en moyenne, nous passons 3 à 4 heures par jour devant nos écrans. Ils sont à l’origine de nombres incalculables d’actes de violence. Il existe nombre d’images de violence non dissimulée, qui peuvent créer un plus ou moins grand impact émotionnel relatif à chaque spectateur. À la télévision, les séquences violentes existent pour épicer le scénario pour éviter l’ennui et les stéréotypes, et par conséquent augmenter les taux d’audience. La télévision occupe toujours une place dominante dans nos sociétés modernes, mais Internet commence à changer certaines règlementations qui limitaient encore cette grande présence de la violence. Sur le poste de télévision, les films « horribles » sont diffusés à des heures tardives, limitant ainsi le public ciblé. Alors qu’avec Internet, tout est à la demande, tout peut être vu à toute heure par n’importe qui.

Face aux images, sommes-nous influencés ? Nous servent-elles de catharsis ou bien réveillent-ils notre nature primaire ? Pourquoi sommes-nous fascinés par les images violentes ? Est-ce du rejet ou de la fascination ? Les images semblent capter le spectateur et façonner la perception imaginaire qu’il a de lui-même et du monde. Les images extérieures lui permettent de créer son monde intérieur ou de le modifier. Elles semblent nous influencer inconsciemment, par le prestige qu’on leur accorde, et nous transmettent des repères, des valeurs. Les jeunes semblent de plus plus facilement influençables.

Les jeunes peuvent construire leur comportement par identification et imitation, ainsi ils peuvent adopter des images comme modèles. Cela se constate par le fait que tous les enfants n’ont pas le langage comme mode d’appropriation, certains assimilent beaucoup mieux par les images. D’après l’expérience de A. Bandura, en 1963, on a pu constater que les enfants observant des adultes les imitent naturellement, ainsi, lorsqu’ils voient des adultes manifestant des conduites agressives, ils reproduisent ce modèle. Les groupes d’enfants participant à l’expérience et ayant visionné des séquences violentes vont jouer violemment avec les jouets mis à leur disposition, et ils vont être très actifs. Alors qu’un groupe n’ayant été soumis à aucune séquence filmée va jouer tranquillement avec les jouets mis à disposition.

 

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